đŸŽ€ L’IA transforme la production audiovisuelle en Chine (Shanhui Zhang, CGTN)

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  • mai 6, 2026
  • 20 min read
đŸŽ€ L’IA transforme la production audiovisuelle en Chine (Shanhui Zhang, CGTN)


Shanhui Zhang:
[0:01] GĂ©rer un projet de A Ă  Z, c’est Ă  peu prĂšs 2 000 euros par mois. Alors qu’aujourd’hui, si on voit, par exemple, en gĂ©nĂ©rant un Ă©pisode complet de mini-sĂ©rie avec l’intelligence artificielle, vous aurez besoin de combien de personnes et combien de temps ? Eh bien, vous aurez besoin d’une seule personne en trois heures pour pouvoir gĂ©nĂ©rer ce petit clip de deux, trois minutes. Ça reprĂ©sente Ă  peu prĂšs 25 euros Ă  30 euros.

Monde Numérique :
[0:38] Bonjour, Shanhui Zhang.

Shanhui Zhang:
[0:40] Bonjour, JérÎme.

Monde Numérique :
[0:42] Ravi de te retrouver depuis la Chine. Tu es prĂ©sentatrice et chroniqueuse Ă  China Global Television Network et tu t’intĂ©resses beaucoup aux technologies, notamment pour nous en parler dans le monde numĂ©rique. Il y a un sujet qui a fait beaucoup de bruit jusqu’Ă  chez nous, ici en France. C’est cette dĂ©cision de la plateforme Ichiyi, qui est un peu le Netflix chinois, je crois, de crĂ©er une base de donnĂ©es de comĂ©diens virtuels gĂ©nĂ©rĂ©s par intelligence artificielle. Est-ce que tu peux nous raconter ça ?

Shanhui Zhang:
[1:16] En fait, c’est l’une des plateformes les plus importantes en Chine pour tout ce qui est la crĂ©ation de vidĂ©os. Et aujourd’hui, en fait, ils veulent tester…

Shanhui Zhang:
[1:25] L’intĂ©gration de l’intelligence artificielle dans toute la chaĂźne de production. Ça veut dire Ă  la fois l’Ă©criture, le storyboard, et puis la prĂ©visualisation, le montage, l’effet visuel, ou encore la gĂ©nĂ©ration d’images et aussi des scĂšnes entiĂšres en intelligence artificielle. Et par exemple, iCII a rĂ©cemment lancĂ© une plateforme professionnelle de production audiovisuelle avec l’intelligence artificielle, avec des bibliothĂšques de IP, ce sont les propriĂ©tĂ©s intellectuelles, mais ce sont surtout les IP autour duquel des vidĂ©os vont pouvoir ĂȘtre créées autour d’une idĂ©e. Et puis, avec ces ressources d’acteurs numĂ©riques et aussi des dizaines d’agents intelligents couvrant presque tout le processus crĂ©atif. Donc lĂ , c’est juste un exemple avec ITE. Et puis, par exemple, il y a aussi d’autres plateformes comme Tencent VidĂ©o. De son cĂŽtĂ© veut peut-ĂȘtre aller plus loin avec les petits clips crĂ©atifs de 2 minutes, 3 minutes pour ensuite explorer Ă  partir de ces tests complĂštement gĂ©nĂ©rĂ©s avec l’intelligence artificielle, ensuite de se lancer un massif d’avantages dans les sĂ©ries, dans les films plus longs pour les contenus plus narratifs et plus complets. Donc c’est trĂšs intĂ©ressant parce qu’en fait on voit aujourd’hui, nous avons moins le besoin.

Shanhui Zhang:
[2:49] Des spĂ©cialistes. Par exemple, les acteurs, les vrais acteurs Ă  intĂ©grer de temps. Et aussi, le coĂ»t de production va beaucoup baisser dans l’avenir. Et lĂ -dessus, j’ai fait un petit calcul. Par exemple, aujourd’hui, l’exemple… Je prends un exemple. Normalement, pour des salaires aujourd’hui en Chine, par exemple, les producteurs capables de gĂ©rer un projet de A Ă  Z, c’est Ă  peu prĂšs 2000 euros par mois. Sous-titrage ST’ 501.

Shanhui Zhang:
[3:15] 2000 euros par mois alors qu’aujourd’hui si on voit par exemple en gĂ©nĂ©rant un Ă©pisode complet de mini-sĂ©rie avec l’intelligence artificielle vous aurez besoin de combien de personnes et combien de temps ? Eh bien vous aurez besoin d’une seule personne en 3 heures pour pouvoir gĂ©nĂ©rer ce petit clip de 2-3 minutes mais en fait qu’est-ce que ça reprĂ©sente derriĂšre comme coĂ»t personnel ? Ça reprĂ©sente Ă  peu prĂšs 25 euros Ă  30 euros donc Ă  peu prĂšs 200 renminbi, dans le monnaie local en Chine. Donc, en fait, ça baisse considĂ©rablement les paris d’entrĂ©e pour les individus et aussi, ça favorise davantage, je pense, ce sont les petites Ă©quipes. Les Ă©quipes, surtout les PME, voire une ou deux personnes peuvent dĂ©jĂ  Ă©tablir un petit PME dans l’audiovisuel. Et en fait, c’est un grand impact, c’est une grande influence sur le coĂ»t de production. Parce que si on imagine aujourd’hui un Ă©pisode de production, c’est Ă  peu prĂšs 200 renminbi, donc environ 25 Ă  30 euros. Et juste pour trois heures, dans ce cas-lĂ , en fait, traditionnellement, il fallait une personne pour Ă©crire le scĂ©nario, une personne pour le tournage, les acteurs, les maquilleurs, les metteurs en scĂšne, et ensuite aussi pour la post-production. Donc en fait, finalement, aujourd’hui, on voit que le coĂ»t de production a Ă©tĂ© forcĂ©ment rĂ©duit avec l’intelligence artificielle.

Monde Numérique :
[4:45] Ouais, alors on comprend l’intĂ©rĂȘt financier, tu dis que ça va peut-ĂȘtre permettre plus de production de la part de petits producteurs indĂ©pendants, des crĂ©ateurs, effectivement, qui vont pouvoir fabriquer ça quasiment dans leur chambre pour pas grand-chose, etc. Ça, c’est l’aspect positif, mais est-ce que les professionnels du cinĂ©ma, que ce soit les comĂ©diens ou mĂȘme d’autres professions, risquent pas un peu, ils vont pas voir les choses de la mĂȘme maniĂšre, ça leur prend leur travail ?

Shanhui Zhang:
[5:14] Je pense qu’effectivement, ça peut avoir un impact dans leur travail. Mais aprĂšs, il y a quelque chose qui est irremplaçable par la machine. C’est par exemple les idĂ©es. Et puis aussi, je pense que c’est toujours important d’avoir de bons acteurs. Parce qu’en fait, je pense que c’est aussi important et intĂ©ressant de voir l’Ă©mergence de l’intelligence artificielle. Ça rend le travail d’un acteur banal. Moins compĂ©titifs par rapport Ă  l’intelligence artificielle. Dans ce cas-lĂ , ça veut dire que nous aurons vraiment besoin de trĂšs, trĂšs bons acteurs parce qu’il y a des sentiments, parce qu’il y a quelques sentiments sur le visage, quelques rĂ©actions naturelles que les machines, aujourd’hui, ne peuvent pas encore gĂ©nĂ©rer. Donc, je pense que, justement, ça, c’est un outil qui va faire ressortir de trĂšs bons acteurs en Chine et puis aussi de trĂšs bons rĂ©alisateurs qui savent Ă  la fois utiliser l’intelligence artificielle et qui savent aussi apporter cette touche qui ne peut pas ĂȘtre remplacĂ©e par l’intelligence artificielle pour rendre un travail.

Shanhui Zhang:
[6:14] Spectaculaire et qui touche vraiment les gens. Mais aprĂšs, bien sĂ»r, derriĂšre, il y a aussi des risques. Par exemple, est-ce qu’il s’agit des utilisations non autorisĂ©es avec des photos personnelles ? Est-ce qu’il y a un problĂšme de droit d’image ou encore le tenue, ce qu’ils mettent ? Est-ce que c’est avec ou sans le consentement pour gĂ©nĂ©rer les personnages de l’intelligence artificielle ensuite les utiliser surtout dans de diffĂ©rents scĂ©narios. Est-ce que la personne en question est au courant ? Et puis bien sĂ»r, il y a aussi ce risque de deepfake. Le problĂšme, c’est qu’une fois le visage est complĂštement intĂ©grĂ© dans un modĂšle d’intelligence artificielle, il peut peut-ĂȘtre ĂȘtre utilisĂ© pour des fins criminelles ou encore pour les fausses vidĂ©os, pour les vidĂ©os d’arnaques ou de faux discours. Nous l’avons souvent vu sur les rĂ©seaux sociaux et en fait, finalement, ce n’est pas du tout le cas. Alors qu’on a l’impression que la personne a dit

Shanhui Zhang:
[7:08] ça, alors que ce n’est pas du tout le cas. Donc je pense que ça, effectivement, c’est un risque. Donc derriĂšre, ça veut dire que nous avons besoin d’un cadre juridique en Chine, juridique plus clair pour bien identifier dans quel cadre nous allons pouvoir utiliser ces types de photos et ces types de droits d’auteurs.

Monde Numérique :
[7:27] Parce que pour l’instant, ce cadre n’existe pas.

Shanhui Zhang:
[7:29] Pour le moment, ce cadre existe, mais je pense qu’au fur et Ă  mesure qu’il y a le dĂ©veloppement de l’intelligence artificielle, la loi et le cĂŽtĂ© lĂ©gislatif, bien sĂ»r, ça revient toujours un tout petit peu en retard du dĂ©veloppement de la technologie. Et le plus que la technologie se dĂ©veloppe, le plus que le droit actuel et la loi actuelle doivent s’adapter. Par exemple, aujourd’hui, la loi actuelle en Chine couvre le droit de l’image dans le code civil, et ça couvre dĂ©jĂ  l’utilisation non autorisĂ©e, mais pas encore les cas complexes dans l’intelligence artificielle. Par exemple, les cas comme rĂ©utilisation transformatrice, l’usage interscĂšne, ou encore la crĂ©ation de paroles, ou la crĂ©ation des actes inexistants. Et tout cela, je pense que ça n’a pas encore Ă©tĂ© intĂ©grĂ©, parce que c’est toujours le cas, on voit de la technologie se dĂ©velopper, et puis on rencontre un problĂšme, et puis ensuite, cela pousse Ă  une amĂ©lioration du code civil, ou encore de rendre ce cadre judiciaire et juridique plus complet.

Monde Numérique :
[8:36] Mais alors, ce que tu as l’air de dire, finalement, Chandoui, c’est que l’initiative de Ichi, donc, de crĂ©er cette base de donnĂ©es d’Avatar, et qui s’est faite avec l’accord des acteurs, c’est-Ă -dire qu’il y a une centaine d’acteurs, de comĂ©diens professionnels, qui ont donnĂ© leur accord pour ĂȘtre rĂ©fĂ©rencĂ©s dans cette base, qui va permettre ensuite Ă  des crĂ©ateurs de les utiliser pour faire des films, et donc ils seront payĂ©s, etc. Mais en fait, c’est une maniĂšre de mettre un peu d’ordre dans le systĂšme, c’est ça ?

Shanhui Zhang:
[9:07] LĂ , il faudrait que je vĂ©rifie encore, est-ce que parmi ces personnes, ces centaines de personnes, est-ce qu’il s’agit de vraies personnes ou il s’agit, ça peut peut-ĂȘtre aussi ĂȘtre des personnes ensuite, des personnages ?

Monde Numérique :
[9:22] Oui, c’est-Ă -dire qu’il y a deux choses. Il y a les vrais acteurs dont on crĂ©e des doubles numĂ©riques. Et lĂ , c’est le cas pour Ichiyi. Ils ont acceptĂ©. Et puis, il y a Ă©galement la gĂ©nĂ©ration de contenu avec de faux personnages entiĂšrement gĂ©nĂ©rĂ©s par intelligence artificielle. Il n’y a plus de droits Ă  payer Ă  des acteurs au dĂ©part, puisqu’il n’y en a pas.

Shanhui Zhang:
[9:44] Sur cela, il faudrait que je vĂ©rifie. Mais en fait, c’est vrai qu’aujourd’hui, depuis quelque temps, nous avons vu un systĂšme ou un phĂ©nomĂšne trĂšs intĂ©ressant. C’est qu’en fait, aujourd’hui, les internautes chinois ont tendance Ă  reprendre, une sĂ©quence dans un film. D’il y a 40 ans qui Ă©tait trĂšs populaire en Chine ensuite de faire la deuxiĂšme crĂ©ation voire la troisiĂšme crĂ©ation quatriĂšme crĂ©ation derriĂšre c’est par exemple vous pouvez imaginer un scĂ©nario ça peut ĂȘtre un scĂ©nario trĂšs rigolo en utilisant, ces gens, ces visages, pour recrĂ©er une nouvelle histoire ou un nouveau scĂ©nario. Donc lĂ -dessus, justement, c’est un rapport avec le droit d’image. Est-ce qu’ils ont le droit de l’utiliser ? Et surtout, ces personnages-lĂ , ce sont les acteurs d’il y a 40 ans, aujourd’hui encore l’utilisation de leurs images. Est-ce que ça pose problĂšme ? Je pense que ça, ça reste encore une zone floue Ă  exploiter. Mais sur IT, je pense qu’il faut, de mon cĂŽtĂ©, il faut que je mĂ©fie. Est-ce que parmi ces centaines de personnes, il s’agit de 100% des acteurs physiques oĂč il peut y avoir aussi des productions ou des avatars complĂštement gĂ©niales ?

Monde Numérique :
[10:59] Oui, on sait qu’il y a quelques semaines, il y a le moteur Seedance qui a Ă©tĂ© lancĂ©, qui est le gĂ©nĂ©rateur chinois d’images vidĂ©o et qui est absolument incroyable. Et d’ailleurs, ça a provoquĂ© un problĂšme avec les États-Unis, avec Hollywood, qui ont dit qu’ils s’Ă©taient entraĂźnĂ©s avec des films hollywoodiens, etc. Et du coup, la vidĂ©o de dĂ©monstration, qui a fait beaucoup, beaucoup de bruit partout, elle reprenait les visages de Brad Pitt, de Tom Cruise, etc.

Monde Numérique :
[11:27] Mais au-delĂ  de ça, en Chine, c’est dĂ©jĂ  une rĂ©alitĂ© des contenus gĂ©nĂ©rĂ©s par l’intelligence artificielle ? Il y a dĂ©jĂ  des sĂ©ries qui sont entiĂšrement gĂ©nĂ©rĂ©es par l’intelligence artificielle ?

Shanhui Zhang:
[11:39] Oui, il y a dĂ©jĂ  des projets qui sont dĂ©jĂ  comme ça et par exemple aussi il y a beaucoup de projets aujourd’hui qui annoncent le plus que vous ĂȘtes avec l’intelligence artificielle, le plus que ça peut provoquer la curiositĂ© du marchĂ© parce que tout le monde, le public chinois, veulent savoir et veulent comprendre comment l’intelligence artificielle peut ensuite donner un coup de pouce Ă  la crĂ©ation. Humaine. Par exemple, aujourd’hui, l’industrie…

Monde Numérique :
[12:03] Mais le public, il ne se pose pas ces questions-lĂ . Le public, il veut qu’on lui raconte des histoires, et puis soit ça plaĂźt, soit ça ne plaĂźt pas, non ?

Shanhui Zhang:
[12:10] Mais aujourd’hui, en fait, pour le public, si eux, ils voient des images ou encore des vidĂ©os, si c’est gĂ©nĂ©rĂ© partiellement ou entiĂšrement par l’intelligence artificielle, il faut le dĂ©clarer sur la vidĂ©o.

Monde Numérique :
[12:23] D’accord.

Shanhui Zhang:
[12:23] Faire comprendre Ă  tout le monde que c’est gĂ©nĂ©rĂ© avec l’intelligence artificielle. Mais ce qui s’est passĂ©, c’est que lors des grands Ă©vĂ©nements, comme le Festival dans l’international du film de Beijing, en fait, le discours dominant est devenu assez clair. C’est qu’aujourd’hui, la crĂ©ativitĂ© reste humaine, mais l’intelligence artificielle peut devenir un outil d’exĂ©cution extrĂȘmement puissant. Donc lĂ , en fait, on voit dĂ©jĂ  une tendance dans l’industrie cinĂ©matographique de la Chine qu’il est important de faire appel Ă  l’intelligence artificielle dans la production. Et puis, il y a aussi plusieurs projets de films assistĂ©s par l’intelligence artificielle qui sont dĂ©jĂ  prĂ©sents aujourd’hui, avec les gens tellement diffĂ©rentes, avec la science-fiction, avec les arts martiaux, avec les aventures, l’histoire. Donc je pense que l’objectif c’est aussi essayer de rendre l’industrie cinĂ©mone graphique.

Shanhui Zhang:
[13:15] Plus vite qu’il y a des productions, plus de bonnes productions et en mĂȘme temps aussi d’explorer avec l’intelligence artificielle une nouvelle esthĂ©tique chinoise Ă  l’intelligence artificielle. Donc, en fait, c’est aussi comment mieux se servir de l’intelligence artificielle pour mieux servir Ă  parler de la Chine, parler de sa propre vision esthĂ©tique, bien sĂ»r cinĂ©matographique. Et puis, de l’autre cĂŽtĂ©, on voit aussi apparaĂźtre des projets beaucoup plus liĂ©s Ă  l’Ă©conomie rĂ©elle, c’est-Ă -dire comment, avec l’intelligence artificielle.

Shanhui Zhang:
[13:48] Les vidĂ©os peuvent vĂ©ritablement gĂ©nĂ©rer du bĂ©nĂ©fice dans le marchĂ©. Par exemple, aujourd’hui, il y a certaines micro-sĂ©ries utilisant l’intelligence artificielle pour raconter des savoir-faire artisanaux, pour raconter des produits agricoles ou encore des histoires locales. En fait, l’intĂ©rĂȘt est qu’en faisant, de recrĂ©ant ces vieux ateliers, ces paysages agricoles, Parce qu’en fait, on sait que si c’Ă©tait dans un vrai film ou dans un vrai tournage, il faut tout faire pour faire le scĂ©nario, pour faire le champ, le paysage. Et en fait, aujourd’hui, avec l’intelligence artificielle, on voit que la scĂšne historique, voire les scĂšnes imaginaires, sont beaucoup plus difficiles, beaucoup plus faciles Ă  les produire. Et ensuite, cela permet Ă  les petites entreprises ou encore aux territoires locaux, aux administrations locales, de produire du contenu de marques avec une vraie qualitĂ© et avec des idĂ©es beaucoup plus ambitieuses. AprĂšs, ils peuvent ensuite plaire, proposer un contenu qui va plaire au marchĂ© et qui vont, en fait, avec des effets spĂ©ciaux qui ne coĂ»tent pas cher, produire des plans de transition magnifiques pour rĂ©pondre aux besoins du public chinois. Donc lĂ , je pense que ça reprĂ©sente un vrai, vrai, vrai marchĂ© audiovisuel.

Monde Numérique :
[15:15] Oui, voilĂ , il y a plusieurs marchĂ©s. Ce dont tu parles, c’est du documentaire presque. Ce n’est pas comme de la fiction, ce n’est pas comme une sĂ©rie de fiction avec une histoire, etc. Et puis, effectivement, il faut faire la distinction entre des contenus qui peuvent ĂȘtre 100% gĂ©nĂ©rĂ©s par l’IA et puis la rĂ©alitĂ©, c’est plutĂŽt que l’IA va s’insĂ©rer de plus en plus et va ĂȘtre utilisĂ©e par tout le monde de plus en plus pour faire des petites choses, des scĂšnes intermĂ©diaires, ce dont tu parles, des cascades, des choses comme ça, des morceaux de films en rĂ©alitĂ©.

Shanhui Zhang:
[15:47] C’est ça qui est intĂ©ressant, c’est de se poser la question, quelle est la place de l’intelligence artificielle en Chine ? Est-ce que c’est l’IA qui remplace le cinĂ©ma ou c’est l’IA qui est en train d’obliger toute l’industrie Ă  repenser la maniĂšre de produire, la maniĂšre de raconter et diffuser ces histoires ? DĂ©jĂ , en fait, ce qui s’est passĂ©, c’est que nous avons vu certaines universitĂ©s, spĂ©cialisĂ©es dans la cinĂ©matographie en Chine, Ils ont dĂ©jĂ  annoncĂ© pour certaines universitĂ©s la fermeture de certaines de leurs spĂ©cialitĂ©s, parce qu’aujourd’hui, avec le dĂ©veloppement de la technologie, on repose cette question. À quoi sert d’enseigner Ă  la traditionnelle ? À quoi sert d’enseigner les techniques que le monde utilisait,

Shanhui Zhang:
[16:31] le public utilisait il y a 20 ans ou il y a 30 ans ? Il faut aujourd’hui s’adapter Ă  de nouvelles tendances, Ă  partir du moment oĂč des choses tellement simples qui peuvent ĂȘtre gĂ©nĂ©rĂ©es par l’intelligence artificielle, alors ce n’est plus nĂ©cessaire de le faire artisanalement, traditionnellement.

Monde Numérique :
[16:46] Bien sĂ»r, c’est ça la vraie question.

Shanhui Zhang:
[16:50] Mais en mĂȘme temps, nous avons vu que c’est en train de crĂ©er de nouveaux mĂ©tiers. C’est-Ă -dire, peut-ĂȘtre Ă  l’avenir, ce sera aussi un changement dans l’enseignement, dans l’audiovisuel. C’est qu’il faudrait que les professeurs enseignent, les Ă©tudiants, que tel dĂ©part, il faudrait qu’ils s’habituent Ă  l’intelligence artificielle. Tel dĂ©part, tel leur premiĂšre production, il faudrait qu’ils dĂ©jĂ  intĂšgrent.

Shanhui Zhang:
[17:14] Des techniques ou encore les images, ou encore les productions des rythmes, des personnages, des tensions, de scĂ©narios, des Ă©motions, qui sont créées, Ă  l’aide de l’intelligence artificielle. Mais aprĂšs, attention, il ne faut pas que ça soit 100% remplacĂ© par l’intelligence artificielle, sinon Ă  quoi sert l’homme ? Donc, je pense que peut-ĂȘtre l’intelligence artificielle, par exemple, je pense au cas Ă  Nanjing, au centre de Chine. Nanjing, c’est une grande ville en Chine qui est trĂšs forte aujourd’hui, par exemple, qui est trĂšs renommĂ©e pour son histoire dĂ©jĂ , pour son trĂšs trĂšs longue histoire. Et puis, c’est aussi une belle ville qui a un district qui s’appelle les Sitia, qui expĂ©rimente les chaĂźnes complĂštes de production de microsĂ©ries pour parler de l’histoire locale, avec les lieux de tournage, avec les centres crĂ©atifs, avec les plans d’investissement, avec les concours de crĂ©ation rapide Ă  l’aide de l’intelligence artificielle.

Shanhui Zhang:
[18:11] En fait, l’idĂ©e, c’est de crĂ©er une nouvelle industrie culturelle hybride et qui permet de faire en sorte que des productions avec l’intelligence artificielle deviennent plus rapides et qui coĂ»tent moins cher. Donc, je pense que ça, c’est une nouvelle Ă©volution aujourd’hui qui est encouragĂ©e par la Chine. Tu as le point d’explorer davantage, effets spĂ©ciaux et des champs de possibilitĂ©s pour la production audiovisuelle et cela plaĂźt justement au public chinois parce qu’on se demande toujours comment

Shanhui Zhang:
[18:42] faire, comment mieux faire.

Monde Numérique :
[18:43] Oui bien sĂ»r c’est incroyable parce qu’on voit qu’une fois encore sur ce terrain lĂ  effectivement vous ĂȘtes trĂšs en avance, dans les usages, dans les technologies et justement toi en tant que spectatrice, est-ce qu’il t’est dĂ©jĂ  arrivĂ© de regarder ce genre de contenu Et qu’est-ce que tu en penses ? Est-ce que c’est satisfaisant ? Est-ce que ça peut procurer les mĂȘmes Ă©motions que, par exemple, avec des vrais acteurs ?

Shanhui Zhang:
[19:14] Ça peut, pour moi, je pense que ça peut effectivement provoquer les mĂȘmes Ă©motions, mais peut-ĂȘtre les hĂ©roĂŻnes ou les avatars qu’ils auraient créés artificiellement sont trop beaux ou trop belles pour que je puisse mieux les intĂ©grer dans la situation. Mais par exemple, lĂ  ces derniers jours, ce que j’ai remarquĂ© sur Internet, c’est que les internautes, pour faciliter la comprĂ©hension d’une situation, pour ceux qui apprennent l’anglais, parce qu’au dĂ©part, il y a 20 ans, quand les Chinois apprenaient l’anglais, c’Ă©tait Ă  travers les conversations. « Bonjour, je m’appelle, blablabla, j’aurai besoin de rĂ©server un restaurant. » Aujourd’hui, c’est Ă  l’aide de l’intelligence artificielle, les internautes chinois font en sorte d’intĂ©grer cette conversation dans une circonstance rĂ©elle, entre guillemets. Donc en fait, vous voyez une dame et un monsieur qui s’appellent pour rĂ©server un restaurant, pour tout ce qui est conversationnel. Donc en fait, ça aide largement les Ă©lĂšves.

Shanhui Zhang:
[20:16] Comprendre la situation. Et puis, aussi avec les crĂ©ations des personnages, avec la gĂ©nĂ©ration des vidĂ©os, on voit aussi, ce qui est intĂ©ressant, c’est aussi l’imagination des internautes chinois, parce que cela va pouvoir libĂ©rer davantage les imaginations des internautes chinois. Ça veut dire qu’aujourd’hui, la crĂ©ation d’une vidĂ©o n’est plus rĂ©servĂ©e Ă  un petit nombre de personnes, n’est plus rĂ©servĂ©e Ă  une petite Ă©quipe ultra technologique. C’est qu’aujourd’hui, la crĂ©ation d’une vidĂ©o c’est accessible Ă  tout le monde Ă  tout le monde comme l’a Ă©tĂ© la.

Monde Numérique :
[20:49] Oui, comme la musique, comme la musique est devenue accessible Ă  tout le monde.

Shanhui Zhang:
[20:53] Exactement.

Monde Numérique :
[20:54] La création musicale.

Shanhui Zhang:
[20:56] C’est ça. Et donc, cela permet Ă  toutes les imaginations de tout le monde. Par exemple, lĂ , tout Ă  l’heure, j’ai pris un exemple. Certains internautes chinois ont utilisĂ© les sĂ©quences, ou utilisĂ© l’image et le visage de plusieurs acteurs dans des cinĂ©mas, dans les films d’il y a 40 ans, pour ensuite, aujourd’hui, crĂ©er une histoire, mais une histoire avec le fond, qui est drĂŽle, qui correspond Ă  des thĂšmes d’aujourd’hui, ça s’appelle une reproduction mais une reproduction chacun a sa propre version et chacun une fois que vous avez votre propre version créée avec l’intelligence artificielle et peut-ĂȘtre aussi les internautes chinois vont ensuite les publier sur internet partager avec le monde et ensuite attirer davantage des internautes qui vont suivre cette personne qui sait comment utiliser l’intelligence artificielle et ensuite ça devient peut-ĂȘtre un autre business une autre chaĂźne de crĂ©ation du bĂ©nĂ©fice pour cette personne, justement Ă  l’aide de l’intelligence artificielle pour gĂ©nĂ©rer davantage de revenus ou encore, par exemple, faire des coopĂ©rations avec des marques pour ensuite faire des publicitĂ©s. VoilĂ , donc je pense que ça peut ĂȘtre une nouvelle opportunitĂ© pour les internautes chinois d’Ă©manciper leur imagination et puis en tirer du bĂ©nĂ©fice.

Monde Numérique :
[22:15] Merci beaucoup pour ce coup d’Ɠil sur l’IA au service de la crĂ©ation vidĂ©o et mĂȘme du cinĂ©ma et de la production audiovisuelle. Merci. Shanhui Zhang de China Global Television Network.

Shanhui Zhang:
[22:27] Merci. Merci pour l’invitation.



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